Il y a des silences qui ne sont pas des absences.
Ce sont des gestations.
Depuis fin octobre, je me suis tue.
Non pas parce que je n’avais plus rien à dire,
mais parce que ce qui se transformait en moi demandait du temps,
de la lenteur,
et du courage.
On parle souvent de résilience comme d’un mot héroïque.
Mais la vraie résilience est discrète.
Elle se vit loin des regards, dans les jours où l’on tient sans témoins,
dans les nuits où l’on doute encore,
dans les choix que l’on fait quand plus rien n’est simple.
Le silence a été un refuge.
Un espace pour me recentrer,
pour déposer ce qui faisait trop de bruit à l’intérieur,
pour laisser tomber ce qui n’était plus juste.
J’ai appris que créer, écrire, transmettre
ne sont pas des obligations.
Ce sont des élans.
Et qu’un élan ne se force pas.
Aujourd’hui, je reviens autrement.
Plus ancrée.
Plus consciente.
Plus fidèle à ce que je suis devenue.
Ce lieu reste ce qu’il a toujours été :
un espace de vérité, de profondeur, de vécu.
Un endroit où l’on ne fait pas semblant d’aller bien,
mais où l’on choisit d’avancer quand même.
Je n’ai pas toutes les réponses.
Je n’ai pas de calendrier parfait.
Mais j’ai retrouvé la voix.
Et parfois, c’est déjà immense.



